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Attention à toi, je griffe !


En ce moment je sors régulièrement mes griffes. Veuillez me pardonner mais j’ai souvent le sentiment que l’on dépasse mes limites. Peut-être ne les ai-je pas assez exprimées ? Peut-être … mais… pas uniquement.

Peut-être que l’on m’a éduquée comme une gentille fille à faire attention aux limites des autres, à me soumettre aux autres ? A les observer et à anticiper leurs attentes, leurs envies, leurs besoins, leurs malaises, à ne pas dépasser leurs limites. Tous ces réflexes, engrammés en moi, me laissent croire que les autres, en face, en feront de même. Force est de constater que non. Et tristement je ne peux que relever le fait que la plupart du temps les personnes qui ne sont pas attentives à mes limites sont des hommes.

Attention, ne faisons pas d’amalgame, je croise aussi pas mal d’hommes qui les perçoivent et les respectent. Non, ce que je dis c’est que très souvent, lorsque l’on me marche sur les pieds, qu’on pousse le bouchon un peu trop loin, et bien le « on » est à 95 % masculin. Il y a donc eu aussi des femmes mais beaucoup, beaucoup, moins.


Depuis 5 ans, je m’abreuve de connaissances sur la socio, la psycho, la politique, l'histoire ... autour des questions de genre et j’ai compris maintenant que les rôles sociaux affectés aux femmes et aux hommes dans nos sociétés, poussent les filles vers le care (empathie, écoute, attention, soin, prise en charge émotionnelle …) et les garçons vers la réalisation de soi (s'épanouir, se déployer, réussir, diriger, combattre …) à grand renfort du soutien des femmes. Cela explique bien des comportements qu’aujourd’hui je n’accepte plus et qui me font sortir les griffes.



Et croyez-moi, ce n’est pas facile à vivre, d’être une femme qui se rebiffe !!



Au fil de ces années, j’apprends. J’apprends à reconnaître mes besoins. Ce n’est pas facile puisque que l’on m’a éduquée à d’abord prendre en compte ceux des autres. Faire que tout le monde se sente bien tout le temps. Même à mon détriment. Alors j’apprends.

Quand mes besoins sont plus clairs, j’apprends à poser des mots dessus pour les partager. Ils me permettent ensuite de jauger de mes limites qui sont en lien direct avec mes besoins.

Alors j’apprends, à dire “non”, à dire “je ne suis pas disponible”, à dire “j’ai besoin d’être seule”, à dire “tu me plais”, “tu me déplais”, à dire “je peux décider par moi-même”,

à dire "ne me parle pas comme ça"

à dire "fais attention à moi"

à dire "ne me traite pas comme ça" et aussi à rendre audible, visible et à revendiquer mon indépendance et mon autonomie.

J’apprends sur le tas et sur le tard.

Parfois, il y a des ratés. Je manque encore de clairvoyance sur mes besoins. Je mets du temps à les détecter. Pendant ce temps, l’autre peut allègrement piétiner mon espace-temps. Et quand le processus d’auto-décodage de mes besoins arrive à sa fin, je peux les exprimer. Mais j’ai parfois laissé l’autre aller trop loin et ça peut faire des étincelles.


Alors, toi, l’autre, que faire ?


Peut-être, développer ta capacité d’empathie, de care, d’écoute ? Apprendre toi aussi mais pas les mêmes choses. T’observer en train de prendre de la place sans avoir, ne serait-ce qu'imaginer, que, peut-être, tu empiétais sur l’autre. Apprendre à demander à l’autre où sont ses limites, quels sont ses besoins. D’ailleurs ça l’aiderait à cheminer plus vite. Apprendre aussi que, lorsque l’autre pose ses limites, cela ne te remet pas en cause. Ce n’est pas contre toi, c’est pour elle.

Apprendre l'humilité. Apprendre à être moins auto-centrer et à mieux écouter tes émotions, apprendre à les transformer en sagesses utiles à toi même, plutôt que de les déverser sur les autres pour t’en débarrasser le plus vite possible. C’est un leurre.


Une émotion à qui on claque la porte, reviendra par la fenêtre et ce jusqu’à ce que tu écoutes son message. Message qui souvent concerne un de tes besoins. Regarde tes émotions en face au lieu de les fuir. Respecte mieux tes vrais besoins, exprime les doucement, sans imposer et questionne l’autre. Ce n’est que comme ça que tu pourras avoir une relation sincère et équilibrée.


Et là, je ne sortirai plus mes griffes. Et les affects pourront se déployer.

Ce travail nous avons besoin de l’effectuer pour apprendre à vivre ensemble tous, toutes. Nous avons besoin de switcher vers de nouvelles manières d'interagir pour chasser la colère et la violence générées par le carcan social dans lequel nous évoluons.

Apprenons à sortir des rôles prédéfinis par la normativité que nos sociétés nous imposent, pour tenter d’être au plus près de qui nous sommes, de quoi chacun a besoin et accepter les divergences.

Mes griffes ne sont pas de la violence, c’est l’expression de qui je suis, où se trouvent mes contours, où on peut me faire mal, me faire bien.


Les carcans normatifs empêchent qu’aller se rencontrer soi-même, génèrent de grands mal-êtres et de la colère sourde qui peut se transformer en violence. Cassons les normes pour essayer de nous réinventer collectivement autant qu’individuellement.

Ressources pour aller plus loin

  1. Un autre homme est possible - Un podcast à soi n°8

  2. Comment élever les garçons ? - Un podcast à soi n°44

  3. Éducations viriles - Les couilles sur la table #09

  4. Les preuves de la virilité - Les couilles sur la table #08

  5. Sexisme ordinaire en milieu tempéré - Un podcast à soi - n°1

  6. Aller plus loin sur les émotions, leurs messages et leur rôle : Intro sur les émotions 😊😳😢🤬🤢 : https://cabinet-terrehappy.fr/les-emotions-introduction/ Les détails de nos 5 émotions fondamentales et les messages qu'elles nous délivrent : 😊La joie (je suis bien) : https://cabinet-terrehappy.fr/joie-guide-pratique-emotions/ 😳La peur (impression de danger) : https://cabinet-terrehappy.fr/peur-cine-guide-pratique-emotions/ 😢La tristesse (manque ou perte) : https://cabinet-terrehappy.fr/guide-pratique-emotions-tristesse-mars-ca-repart/ 🤬La colère (injustice) : https://cabinet-terrehappy.fr/la-colere-guide-pratique-emotion/ 🤢Le dégoût (courage fuyons !) : https://cabinet-terrehappy.fr/1470-2/


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